PARIS PHOTO / SECTEUR PRINCIPAL

PARIS PHOTO / SECTEUR PRINCIPAL

Paris Photo 2026 — Secteur Principal
écho 119 | B53

12.11.2026 → 19.11.2026
Grand Palais, 75008 Paris

Paris photo 2026 — écho 119

Les Plongeuses

Kusukazu Uraguchi, Kazuo Kitai & Laure Winants


Secteur principal | B53

Pour cette nouvelle participation à Paris Photo, la galerie écho 119 a souhaité explorer les océans à travers la figure de la plongeuse, en réunissant les œuvres de Kusukazu Uraguchi (jp, 1922–1988) et Laure Winants (be, 1993–), accompagnées de tirages de Kazuo Kitai (jp, 1944–).

Pendant plus de trente ans, Kusukazu Uraguchi s'est consacré à la documentation de la vie des ama de Shima (préfecture de Mie) — sa région natale. Ces pêcheuses-plongeuses japonaises, qui explorent en apnée les fonds marins à la recherche d'ormeaux et d'algues, incarnent tradition, transmission et sororité. Ses images célèbrent des corps libres et puissants, inscrits dans un monde en pleine mutation. Ni exotisme ni distance ici : c'est par un regard de l'intérieur, porté par la durée et la proximité, que nous découvrons leur monde. Des images de ces mêmes ama de Kazuo Kitai — lui aussi originaire de la préfecture de Mie — issues de la mythique série To the Villages, forment un écho au travail d'Uraguchi.

En conversation, les « Fossiles du Futur » de Laure Winants sondent les traces laissées par l’eau, le temps et l’activité humaine. En immersion, plongeant elle-même pour étudier les océans, elle co-crée avec les écosystèmes marins à l’aide de dispositifs à la frontière de la science et de l’art. En concevant des matériaux sensibles à la lumière et à l'acidité des eaux, ou encore en intégrant dans ses éléments de création des matériaux issus de l'univers marin (nacre, sel, algues), elle révèle des interactions invisibles et interroge notre relation au vivant.

Entre observation et immersion, les pratiques de ces artistes convergent vers une même fascination pour l'océan et ses transformations. C'est un dialogue trans-générationnel qui se noue ici, traversé par la question de ce que ce grand miroir d'eau reflète de nos sociétés et de ce qu'il conserve en son sein : une mémoire, des images et les traces du vivant.

Les plongeuses

Les artistes

Portrait de Kusukazu Uraguchi

Japon · 1922–1988

Kusukazu Uraguchi

Photographie

Né en 1922 à Fuseda, Shima, Kusukazu Uraguchi effectue des études secondaires avant d’être employé à Mitsubishi Electric, Nagoya, puis envoyé dans un bureau de poste en Mandchourie. Mobilisé en 1944, il rentre à Shima après la guerre et se lance comme négociant en perles – il transformera plus tard son affaire en commerce d'accessoires. La publication d’une de ses images dans Camera Mainichi en 1956 marque ses débuts de photographe. En 1965, il est inclus pour la première fois dans l’une des expositions annuelles de l’association Nika, puis obtient le premier prix au Salon Nikkor, en 1968.

À partir de 1972, ses photographies sont régulièrement publiées dans les mensuels Camera Mainichi, Nippon Camera et Photo Art. En 1978 paraît son livre Shima Fudoki (publié à compte d’auteur), puis Shima no ama (Nippon Camera, Tokyo) en 1982. Entre 1984 et 1988, il fait l’objet de plusieurs expositions personnelles à l’étranger : à Bologne (Galleria Lotti), Amsterdam (Canon Photo Gallery), Chicago (université de l’Illinois), ainsi qu’à Paris et dans plusieurs villes en France (réseau des galeries Fnac). Uraguchi décède des suites d’une pneumonie en 1988.

Portrait de Kazuo Kitai

Japon · Né en 1944

Kazuo Kitai

Photographie

Kazuo Kitai est né en 1944 en Mandchourie (alors sous occupation japonaise). Abandonnant rapidement ses études de photographie, il s’impose à la fin des années 1960 dans la photographie documentaire en suivant les mouvements de contestation qui secouent la société japonaise : manifestations étudiantes, mobilisations de la gauche radicale et luttes paysannes contre laconstruction de l’aéroport de Narita.

Au milieu des années 1970, Kitai tourne son regard vers le monde rural. Avec To the Village et Somehow Familiar Places, il observe les transformations silencieuses des campagnes. Il devient avec ce travail le premier lauréat du prestigieux prix Kimura Ihei en 1975. Cette attention au quotidien se prolonge dans ses séries Shinsekai Monogatari, Funabashi Story et, plus tardivement, Walking with Leica. Avec sa dernière série en date, Iroha (2023—), il opère un véritable tournant par rapport à son approche documentaire initiale, témoignant d’un renouvellement radical à plus de 80 ans.

Récompensé à plusieurs reprises par la Société photographique du Japon, il reçoit en 2024 le prix Kazuemon Hidano lors du Higashikawa International Photo Festival. Ses œuvres figurent notamment dans les collections du TOP Museum, du National Museum of Modern Art de Tokyo, du San Francisco Museum of Modern Art, du Museum of Fine Arts de Houston, de l’Art Institute of Chicago.

La Maison de la Culture du Japon à Paris a accueilli une rétrospective majeure de son travail en 2026.

Portrait de Laure Winants, crédit Agathe Roulin

Belgique · Née en 1993

Laure Winants

Art contemporain · Recherche scientifique

Laure Winants (1991) est une artiste-chercheuse basée entre Paris et Bruxelles. Son travail s’articule autour des interactions entre les écosystèmes, qu’elle explore à travers la réaction des matières et leur relation à la lumière. Elle utilise des matériaux sensibles pour créer des œuvres évolutives, qui réagissent à leur environnement.

Winants envisage la Terre comme une archive vivante et organique, susceptible de se révéler par l’étude de la lumière et de la matière. À travers ses projets, elle questionne la manière dont ces éléments peuvent rendre perceptible l’histoire de notre planète. Elle collabore avec des groupes de recherches transdisciplinaires dont le CNRS/CNES, sur la pollution atmosphérique dans les Pyrénées pour sa série Albedo (2021), avec le laboratoire de volcanologie en Islande pour le monitoring des phénomènes naturels et anthropiques tels que les activités volcaniques avec Phenomena (2022), ou encore avec l’Institut Polaire Norvégien sur ses recherches polaires avec le projet Time Capsule (2023-2024) et dernièrement Seascapes (2024-2025) pour l’étude des abysses avec Tara Océan.

Winants expose régulièrement en France et à l’international et fait partie de plusieurs collections privées et publiques. En 2025, elle a reçu le Prix d’encouragement en photographie par l’Académie des beaux-arts de Paris.

Elle publie en 2026 sa première monographie, Time Capsule, aux éditions Atelier Exb.