Chieko Shiraishi — L'Ombre des îles
L'Ombre des îles
Du 6 février 2026 au 18 avril 2026, nous aurons le plaisir de vous présenter Shimakage (L'Ombre des îles) de Chieko Shiraishi, un voyage à la fois physique, psychique et résolument photographique au cœur de ses souvenirs.
Artiste photographe japonaise contemporaine, virtuose du tirage argentique, Chieko Shiraishi est une artiste avec laquelle nous collaborons étroitement depuis plusieurs années, et dont le travail a rencontré un magnifique engouement à Paris Photo.

Whale, Shimakage, 2008/2025 © Chieko Shiraishi
Nous emmenant aux quatre coins de la multitude d’îles qui constituent le Japon, ses images oscillent entre réalité et rêve brumeux, évoquant des souvenirs qui se brouillent et s’estompent avec le temps. Pour traduire cette sensation, Shiraishi recourt à la technique du « zokin-gake » (« essuyage au chiffon »), sculptant ses tirages à la peinture avant de les essuyer, leur conférant une présence picturale singulière et onirique.
Ses œuvres deviennent ainsi le lieu d’une introspection photographique, révélant tour à tour l’émerveillement, l’obscurité et les doutes.

Fukiagehama, A figure, Shimakage, 2008/2025 © Chieko Shiraishi
Chieko Shiraishi
Yokosuka, Kanagawa, Japan
b.1968
Chieko Shiraishi née en 1968 à Yokosuka dans la préfecture de Kanagawa, incarne une voix singulière de la photographie japonaise contemporaine.
Formée auprès des maîtres Katsuhito Nakazato et Kazuo Kitai, elle découvre l’alchimie de la chambre noire et l’art délicat du tirage argentique. Ce savoir-faire, patiemment acquis et aujourd’hui porté à son plus haut niveau, n’est jamais pour elle une simple virtuosité technique : il devient l’instrument d’une quête intime, un langage sensible au service de l’émotion et de la perception intérieure du monde.
Shiraishi transcende l’artisanat pour le transformer en un réel geste plastique. Elle n’hésite pas à intervenir directement sur ses tirages, ici avec un coup de pinceau, là une trace de chiffon, là encore une estompe presque imperceptible.
Usant de procédés anciens, parfois oubliés, pour conférer à ses images une matérialité rare, son travail oscille entre photographie et peinture, présence et effacement. Ses œuvres se déploient dans cette zone fragile où le réel s’altère pour devenir vision, et où l’instant suspendu se charge d’une étrange et silencieuse beauté. L’univers qu’elle construit est profondément organique, tactile, et s’adresse autant au regard qu’aux sens : c’est une véritable une invitation au sensorie, au rêve et à la contemplation de l’instant.
Depuis 1998, elle a présenté plus d’une vingtaine d’expositions personnelles dans des galeries au Japon, en Italie, en France et en Corée du Sud. Son travail fait partie des collections permanentes du Kiyosato Museum of Photographic Arts, du Centre culturel de la ville de Higashikawa, de l’Ashikaga Museum of Art, la BnF (Bibliothèque Nationale de France). Shiraishi a publié plusieurs monographies, dont Saboten to Shippo (Cactus et queue) en 2008, Shimakage (Ombre des îles) en 2015, Shikawatari (La traversée des cerfs) en 2020. C’est pour ce dernier livre qu’elle remporte le 37e prix spécial Higashikawa en 2021. En 2023, elle remporte le prix prestigieux Hariban Award, qui aboutit à la publication d’un portfolio de colotypes, Shimakage, par l’Atelier Benrido Kyoto.
Elle sera exposée en 2026 à la BnF (Bibliothèque Nationale de France). La publication d’un second portfolio de collotypes par l’Atelier Benrido est également prévu pour début 2026.

A Night in Okinawa, Shimakage, 2008/2025 © Chieko Shiraishi