Ai Iwane - A new River Flows
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75003 Paris
France
Ai Iwane
A new River Flows
Publié par Akaaka, août 2026
Taille : 24,9 x 17,4 cm
Couverture rigide en tissu
136 pages
ISBN:978-4-86541-234-5
« A New River Flows » rassemble, dans un livre photo d’une conception inédite, le fruit de plus de vingt ans d’exploration par Ai Iwane des relations entre l’homme et la nature, la terre et la mémoire, ainsi que la vie et la mort.
Loin d’être une simple rétrospective, cet ouvrage reconstitue deux séries d’œuvres indépendantes en un nouveau récit, leur permettant ainsi de s’éclairer mutuellement à travers la structure même du livre. Pour la première fois, le livre de photos d’Ai Iwane publié en 2020, *A New River*, est associé à *My Cherry*, précédemment présenté sous forme d’œuvre vidéo, tandis que des photographies récentes viennent s’intercaler tout au long de la séquence. Grâce à cette reconfiguration, les deux séries cessent d’exister en tant que projets distincts et se déploient au contraire comme un voyage unique et continu, au sein duquel la mémoire personnelle, l’histoire collective et les rythmes de la nature deviennent indissociables.
Se déroulant dans les paysages de Fukushima au lendemain du grand séisme de l’Est du Japon, l’ouvrage ne traite pas en premier lieu de la catastrophe elle-même. Vivant aux côtés d’une terre qui retourne progressivement à la nature, Iwane est confrontée au souvenir de sa jeune sœur, qui s’est donné la mort.
Cette expérience profondément personnelle de la perte fait discrètement écho aux souvenirs ancrés dans le paysage et dans la vie de ceux qui continuent de l’habiter, ouvrant ainsi une histoire intime sur une expérience humaine partagée du souvenir.
Dans les photographies d’Iwane, documentaire et imagination, témoignage et mythe, réalité et invisible coexistent sans contradiction. Rivières, fleurs de cerisier, forêts, lumière, feux d’artifice et traces de la présence humaine se succèdent avec fluidité au fil des pages, effaçant les frontières entre les vivants et les morts, le passé et le présent, l’humanité et la nature. Plutôt que de présenter ces éléments comme des oppositions figées, les photographies suggèrent que la mémoire elle-même est en perpétuel mouvement, remodelant les relations entre les personnes, l’histoire et les paysages qu’elles habitent.
Loin de présenter la photographie comme un simple enregistrement d’événements, *A New River Flows* la propose comme un moyen de réveiller la mémoire, de superposer les époques et d’accepter la perte.
En transformant un récit profondément personnel en mémoire collective, cet ouvrage élargit discrètement les possibilités du livre photo lui-même.
« L’œuvre d’Iwane est imprégnée de la présence des disparus. Pour certains, cette présence obsédante peut sembler sombre, dérangeante. Pour d’autres, et peut-être davantage encore pour ceux qui ont connu la douleur de perdre un être cher — de perdre une partie d’eux-mêmes —, les photographies d’Iwane peuvent au contraire apparaître comme pleines de vie et de lumière ; habitées par ceux qui, par choix ou non, ont quitté ce monde avant nous.
Parfois, c’est nous qui les cherchons. Parfois, ce sont eux qui nous trouvent. Les photographies d’Iwane nous rappellent que nous ne sommes jamais tout à fait seuls, même dans la nature — surtout dans la nature. Ce combat constant entre les souvenirs, ceux que nous recherchons et ceux qui refont surface malgré nous, est au cœur de la psyché humaine, et de la photographie.
L’œuvre d’Iwane est imprégnée de la présence des défunts. Pour certaines personnes, cette présence obsédante peut sembler sombre, dérangeante. Pour d’autres, et peut-être davantage pour ceux qui ont connu la douleur de perdre un être cher – de perdre une partie d’eux-mêmes –, les photographies d’Iwane peuvent au contraire paraître pleines de vie et de lumière. »
Extrait du texte « All the Light that Remains »
Pauline Vermare (conservatrice de la photographie Phillip et Edith Leonian, Brooklyn Museum).